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Dessiner pour se calmer : pourquoi gribouiller apaise, même sans talent

Par Laure5 min de lecture

Un stylo, le dos d'une enveloppe, une réunion qui s'éternise. La main se met à tracer des spirales, des carrés, des hachures, sans que tu l'aies décidé. Et quelque part, sans bruit, quelque chose se pose.

Ce geste a l'air insignifiant, et il ne l'est pas. Voici la réponse en une phrase : dessiner occupe les mains et pose l'attention sur le trait, ce que beaucoup de gens trouvent apaisant, et dans une étude, 45 minutes de création ont été suivies d'une baisse du cortisol chez environ trois personnes sur quatre, avec ou sans expérience artistique.

C'est aussi le thème des Semaines d'information sur la santé mentale 2026, du 5 au 18 octobre : « Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts ».

Que faire, étape par étape

Un exercice de dix minutes, inspiré de la sophrologie, qui relie le dessin au souffle. Il ne demande aucun talent, seulement une feuille et quelque chose qui marque.

Les 3 étapes pour dessiner ton souffle

  1. Pose la pointe et respire

    Une feuille, un crayon ou un stylo, rien de plus. Pose la pointe au milieu de la page et prends deux respirations sans rien tracer. Tu n'as rien à réussir ici.

  2. Trace le souffle

    À l'inspiration, laisse la ligne monter doucement. À l'expiration, laisse-la redescendre, un peu plus lentement. Continue ainsi pendant cinq minutes : la feuille se remplit de vagues qui suivent ton rythme.

  3. Regarde sans juger

    Pose le crayon et observe les vagues, sans chercher à les évaluer. Elles gardent la trace de quelques minutes passées avec ton souffle. Ce n'est pas un dessin réussi ou raté, c'est une trace.

Pourquoi dessiner calme-t-il le corps ?

Quand les mains s'occupent d'un geste simple et répété, l'attention peut quitter les pensées qui tournent pour se poser sur quelque chose de concret : la pression du crayon, le frottement sur le papier, la forme qui avance. Beaucoup de gens sentent alors le corps se relâcher un peu.

Une étude publiée dans la revue Art Therapy (2016) a proposé à 39 adultes en bonne santé, de 18 à 59 ans, 45 minutes de création libre, avec des feutres, de la pâte à modeler ou du collage, sans consigne. Le cortisol mesuré dans la salive a baissé de façon significative en moyenne, et diminué chez environ 75 % des participants. L'expérience artistique préalable ne changeait pas significativement les résultats.

Les auteurs signalent eux-mêmes la limite principale : l'absence de groupe contrôle. On ne peut donc pas savoir si la baisse vient de la création elle-même, de l'échange avec l'équipe de recherche ou d'autre chose. Mais le message reste encourageant pour qui pense ne pas savoir dessiner.

Que dit la recherche plus largement ?

L'étude de 2016 n'est pas isolée. En 2019, le Bureau régional pour l'Europe de l'Organisation mondiale de la santé a publié une revue de la littérature qui a recensé plus de 3 000 études sur les arts et la santé. Elle conclut à un rôle important des arts dans la prévention, la promotion de la santé et l'accompagnement de la maladie, tout au long de la vie.

La création n'est pas un luxe réservé aux artistes. C'est une pratique ouverte à tout le monde, à tout âge, avec ce qu'on a sous la main.

Et si je ne sais pas dessiner ?

Dessiner pour se calmer n'est pas faire de l'art : personne ne regarde, rien n'a à être réussi. C'est souvent l'exigence du beau qui bloque, et elle n'a pas sa place ici.

Commence par des formes qui ne demandent rien : des lignes parallèles, des cercles, des hachures qui remplissent une case. Ici, c'est le rythme du geste qui t'intéresse, pas ce qu'il représente. En sophrologie, on travaille de la même façon avec les images mentales : la visualisation ne cherche pas une image parfaite, mais une sensation qui apaise. Et pour retrouver le rythme du souffle sans crayon, il y a le minuteur de respiration.

Ce que cela ne remplace pas

Dessiner chez soi est une pratique de détente, pas un traitement. Si l'anxiété ou la tristesse durent, envahissent tes journées ou t'empêchent de dormir, parles-en à un médecin ou à un professionnel de santé mentale. L'art-thérapie, menée par une personne formée, est un accompagnement à part entière, différent de cet exercice. La sophrologie accompagne le mieux-être, elle ne remplace ni un suivi ni un traitement.

Dans Soa, le souffle et l'attention au corps sont guidés par une voix calme, sans rien à retenir ni à réussir. Le programme Moins d'angoisse, plus de toi propose des pauses guidées avec le souffle, les sensations du corps et la visualisation, à ton rythme.

Pour aller plus loinMoins d'angoisse, plus de toi

Questions fréquentes

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